Plus de trois millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et leur usage déborde largement des centres-villes. Entre les trajets domicile-travail et des pratiques plus engagées comme la cani-trottinette sur sentiers, la question de l’assurance devient centrale, d’autant que la sinistralité ne cesse de progresser. En 2024, 45 personnes ont perdu la vie sur un engin de ce type, un chiffre qui a plus que quadruplé depuis 2019.
Une obligation légale ferme, des sanctions réelles
En France, toute trottinette électrique qui circule sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. C’est l’article L211-1 du Code des assurances qui le pose clairement : rouler sans cette couverture expose à une amende forfaitaire de 500 euros, portée jusqu’à 3 750 euros en cas de passage au tribunal, avec risque de confiscation de l’engin. Contrairement à une idée reçue encore répandue, l’assurance multirisque habitation ne couvre pas cet usage.
La RC seule protège les tiers en cas de dommages corporels ou matériels, mais elle n’indemnise ni les blessures du conducteur, ni la dégradation de la trottinette elle-même. Pour les pratiquants de disciplines comme la cani-trottinette, qui se déroule sur des chemins non stabilisés avec un chien en traction, cette limite prend tout son sens.
Précision utile pour les amateurs de modèles performants : une trottinette dépassant 25 km/h sort du régime EDPM. Elle est alors assimilée à un cyclomoteur, avec immatriculation, permis AM et casque obligatoires, et un contrat d’assurance deux-roues motorisés à souscrire.
Quelles garanties choisir, et à quel prix ?
Les formules d’assurance trottinette électrique disponibles en 2026 s’échelonnent entre 5 et 30 euros par mois selon le niveau de protection choisi. Une responsabilité civile seule revient à partir de 60 euros par an. Un contrat tous risques intégrant vol, dommages tous accidents et garantie individuelle conducteur dépasse rarement 30 euros mensuels. Certaines offres descendent même sous les 4 euros par mois pour une couverture de base.
Pour un usage intensif ou sportif, deux garanties méritent une attention particulière. La garantie individuelle accident conducteur prend en charge les blessures personnelles en cas de chute, y compris sur terrain irrégulier. La garantie dommages tous accidents couvre quant à elle la casse de l’engin, fréquente sur des sentiers avec racines ou boue. Sur un terrain imprévisible, avec un chien susceptible de s’arrêter brutalement ou de tirer de côté, ce type de protection change vraiment la donne. Concernant les assurances deux-roues, les adhérents du club trouveront également des repères utiles pour comparer les niveaux de couverture selon leur pratique.
Des risques sous-estimés, surtout hors asphalte
Une étude portant sur 5 000 victimes d’accidents de trottinettes électriques l’a établi sans ambiguïté : les blessures sont aussi graves qu’à vélo ou en moto. L’ONISR confirme que les utilisateurs d’EDPM représentent 24 % des blessés graves sur la route et 36 % de ceux susceptibles de conserver des séquelles un an après leur accident. Sans carrosserie, sans ceinture, sans aucun dispositif absorbant les chocs, le conducteur est directement exposé à l’impact.
En contexte de cani-trottinette, les facteurs de risque s’accumulent : vitesse difficile à contrôler en descente lorsque le chien tire, terrain non stabilisé, visibilité réduite sur les sentiers étroits. Avant de s’engager sur ce type de pratique, il vaut la peine de vérifier avec son assureur si l’usage hors voie publique est bien couvert par le contrat souscrit, ou si une extension loisirs ou une Garantie Accidents de la Vie doit compléter la formule de base.
L’assurance n’est pas qu’une formalité administrative. Au regard des chiffres de sinistralité actuels, c’est une décision pratique qui conditionne directement la sécurité financière du conducteur et de son entourage.
