Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent en France en 2026, et pourtant 59 % des conducteurs impliqués dans un accident en 2024 n’étaient pas assurés. Un chiffre qui fait froid dans le dos, surtout quand on sait que la loi impose une couverture depuis 2019 et que les sanctions peuvent vite se chiffrer en milliers d’euros.
Une obligation légale qui ne souffre aucune ambiguïté
Depuis le décret du 23 octobre 2019, les trottinettes électriques sont classées comme engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) et, à ce titre, comme véhicules terrestres à moteur au sens du Code des assurances. L’article L211-1 s’applique donc de plein droit : toute trottinette capable de dépasser 6 km/h grâce à un moteur électrique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. Pour en savoir plus sur cette obligation et les formules disponibles, la page dédiée à l’assurance trottinette électrique d’Urbaccess détaille les démarches et les tarifs en vigueur.
Un point souvent ignoré : la dématérialisation de la carte verte en 2024 ne concerne pas les EDPM. Les trottinettes n’étant pas immatriculées, une vignette d’assurance doit toujours être apposée sur l’engin de façon visible, et l’attestation doit pouvoir être présentée à tout contrôle. Par ailleurs, depuis septembre 2023, l’âge minimum pour conduire un EDPM est fixé à 14 ans, et la vitesse maximale autorisée reste plafonnée à 25 km/h.
Des sanctions lourdes pour un risque souvent sous-estimé
Circuler sans assurance, c’est s’exposer à une amende pouvant atteindre 3 750 euros, à laquelle s’ajoutent 35 euros pour l’absence de vignette et 35 euros si l’attestation n’est pas présentable. La confiscation immédiate de la trottinette est possible, tout comme la suspension du permis de conduire jusqu’à trois ans. Et en cas d’accident avec un tiers blessé, c’est le patrimoine personnel du conducteur non assuré qui est directement engagé : le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires indemnise la victime, puis se retourne contre le responsable, pour des montants qui atteignent couramment plusieurs dizaines de milliers d’euros.
La sinistralité rend ce risque très concret. En 2025, 80 personnes ont été tuées dans un accident impliquant un EDPM, soit une hausse de 78 % par rapport à 2024. Les blessés graves ont augmenté de 33 % sur la même période. Dans 75 % des accidents graves, c’est une collision avec une voiture qui est en cause.
Une couverture accessible dès quelques euros par an
L’argument financier est difficile à contester : une RC seule démarre à 6 euros par an, et une formule complète (RC, vol, casse, assistance) revient en moyenne à une vingtaine d’euros pour une trottinette à 800 euros. Le prix varie selon la valeur de l’engin, le code postal, les conditions de stationnement et l’âge du conducteur. La souscription en ligne prend deux à cinq minutes, avec une attestation reçue immédiatement par email et une couverture effective dans la foulée.
La RC couvre les dommages causés aux tiers : frais médicaux, préjudice moral, dommages matériels. En revanche, les blessures du conducteur, le vol ou la casse de sa propre trottinette nécessitent des garanties complémentaires. Un écart de quelques euros par an qui mérite d’être soupesé avant de prendre la route.
