Trottinette électrique : l'assurance obligatoire que beaucoup d'utilisateurs ignorent encore

Avec plus de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France en 2026 et près de 609 000 unités vendues en 2025, ces engins font désormais partie du trafic quotidien. Pour les motards, rien de surprenant : sur la route, une trottinette électrique n’est pas un jouet, c’est un véhicule terrestre à moteur, soumis aux mêmes obligations légales qu’un scooter ou une moto.

Une obligation légale, pas une option

La trottinette électrique est classée comme engin de déplacement personnel motorisé (EDPM), lui-même rangé dans la catégorie des véhicules terrestres à moteur. L’article L211-1 du Code des assurances et l’article L324-2 du Code de la route sont clairs : la responsabilité civile est obligatoire pour circuler sur la voie publique. Cela vaut aussi pour les hoverboards, gyropodes, monoroues et skates électriques.

Un point souvent mal compris : l’assurance multirisques habitation ne couvre pas les dommages causés par un véhicule terrestre à moteur soumis à cette obligation. Croire le contraire peut coûter très cher. Pour éviter ce type d’erreur, la page dédiée à l’assurance trottinette électrique de Parole de Mamans détaille les pièges à éviter, avec un angle pratique utile aux familles.

La RC couvre les dommages corporels et matériels causés à des tiers : un piéton renversé, un cycliste percuté, un rétroviseur enfoncé. En revanche, elle ne prend pas en charge les blessures du conducteur ni la trottinette elle-même. Des garanties complémentaires existent pour cela : protection corporelle, vol, assistance. Avant de les souscrire, vérifier si une garantie accidents de la vie (GAV) est déjà active dans un autre contrat permet d’éviter les doublons. 

Des sanctions réelles et une sinistralité qui grimpe

Rouler sans assurance est une infraction pénale. L’amende forfaitaire démarre à 500 euros à la première constatation et peut atteindre 3 750 euros, avec immobilisation ou confiscation de l’engin. En cas d’accident, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires indemnise la victime, puis se retourne contre le conducteur non assuré pour récupérer les sommes engagées, majorées d’intérêts et d’une contribution de 10 % des indemnités.

Les chiffres de sinistralité donnent la mesure du risque : 45 personnes ont été tuées sur une trottinette électrique en 2024, un chiffre qui a plus que quadruplé depuis 2019. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’EDPM a bondi de 57 % sur un an. La moitié des utilisateurs ont entre 14 et 18 ans, une population peu formée aux règles de circulation.

Pour ceux qui utilisent des trottinettes en libre-service, l’assurance est normalement portée par l’opérateur de la flotte. Mais vérifier les conditions du contrat de location reste indispensable avant de monter dessus. La trottinette électrique a beau être plus légère qu’une moto, elle engage les mêmes responsabilités sur la route.